Le 29 juillet 2026, le vice‑président de la République de Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a officialisé au Palais du Peuple à Malabo une autorisation provisoire permettant à Starlink de fournir un accès internet par satellite aux seules compagnies américaines opérant en mer dans les eaux sous juridiction équato‑guinéenne. Le communiqué gouvernemental précise que cette dérogation est strictement limitée aux activités en haute mer des sociétés nord‑américaines, en particulier les majors pétrolières actives au large du pays, et ne vaut pas ouverture générale du marché des télécommunications. Les autorités équato-guinéennes ont engagé des démarches pour examiner l’introduction de Starlink dans le pays. Une étude doit évaluer les conditions réglementaires de cette intégration, sous l’égide du GITGE, mais aucune autorisation publique limitant le service aux activités offshore ou aux compagnies pétrolières n’a été annoncée à ce stade. Une fenêtre contrôlée sur le satellite dans un pays pétro‑dépendant Dans un pays où les hydrocarbures occupent une place importante dans l’économie, l’amélioration de la connectivité constitue un enjeu stratégique. Les autorités équato-guinéennes ont engagé des discussions avec Starlink afin d’étudier les conditions d’introduction de son service internet satellitaire dans le pays. À ce stade, aucun usage spécifique réservé aux plateformes pétrolières offshore ni aucun objectif opérationnel particulier n’a été officiellement annoncé. Cette approche graduelle intervient alors que d’autres régulateurs africains testent eux aussi le levier des licences provisoires pour encadrer l’arrivée de la constellation de SpaceX. En Côte d’Ivoire, l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC (ARTCI) opère depuis juillet 2026 sous une licence provisoire de 12 mois accordée à Starlink Network CIV pour un service grand public sur l’ensemble du territoire. Un cadre réglementaire encore en chantier à Malabo Bien avant les discussions ultérieures autour de Starlink, l’exécutif équato-guinéen avait engagé une réflexion sur l’intégration de cette technologie dans son cadre télécoms. Un compte rendu officiel publié le 4 mars 2026, après la présentation de l’audit du projet de télévision numérique terrestre, indique que le gouvernement a décidé de lancer une étude sur l’introduction du service internet satellitaire Starlink. Cette analyse devait être menée sous l’égide du GITGE, l’entreprise publique chargée des infrastructures numériques et télécoms. Selon ce document, les conclusions de cette étude devaient être analysées par le Gestor de Infraestructuras de Telecomunicaciones de Guinea Ecuatorial (GITGE), l’entreprise publique en charge des infrastructures numériques, mais ce rapport n’a pas été rendu public à ce jour, maintenant une zone d’ombre sur les critères de long terme qui guideront l’ouverture ou non du marché à Starlink pour les usages terrestres. Dans l’intervalle, Malabo conserve une position de contrôle serré, en autorisant un usage captif par un segment bien identifié d’opérateurs étrangers, dans un espace – la haute mer – où la pression concurrentielle sur les opérateurs nationaux est plus faible. Le ministère équato‑guinéen des Affaires étrangères avait déjà indiqué, lors d’échanges avec des représentants de Starlink, l’intérêt des autorités pour des solutions satellitaires au service de secteurs productifs spécifiques plutôt qu’une libéralisation immédiate des services au détail. Des précédents africains qui encadrent étroitement Starlink L’option équato‑guinéenne d’une fenêtre provisoire et sectorielle s’inscrit dans un mouvement continental où les régulateurs arbitrent entre attractivité technologique et souveraineté numérique. En Gambie, le ministère des Communications a ainsi différé l’octroi d’une licence à Starlink en 2026, après avoir estimé que l’opérateur devait relever d’un régime de licence satellitaire général, plus strict que le permis VSAT initialement envisagé, au regard des enjeux de sécurité nationale et de concurrence. En Guinée‑Bissau, l’Autoridade Reguladora Nacional das Tecnologias de Informação e Comunicação (ARN‑TIC) a d’abord accordé une licence provisoire à Starlink fin 2024 avant de lui délivrer une autorisation complète, illustrant un séquençage où la phase transitoire sert de banc d’essai réglementaire. À l’inverse, la régulation namibienne a refusé en 2026 la demande de licence de Starlink face au refus du groupe américain de concéder une participation locale dans sa filiale, un point devenu central dans plusieurs pays pour limiter la dépendance à un fournisseur extra‑continental. Vers une éventuelle extension au‑delà de l’offshore pétrolier La principale inconnue porte désormais sur la trajectoire que retiendra Malabo une fois la période provisoire arrivée à échéance. Le communiqué autour de la dérogation accordée aux compagnies pétrolières américaines insiste sur son caractère temporaire, mais ne précise ni sa durée exacte ni les conditions d’un éventuel renouvellement ou d’une généralisation à d’autres catégories d’utilisateurs. Les prochains signaux viendront des décisions que prendra le GITGE à partir des conclusions de l’étude entamée en 2025, qui devront être arbitrées au niveau du gouvernement et, le cas échéant, traduites dans un nouveau dispositif de licences satellitaires couvrant l’ensemble du territoire national.
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